SANS DOMICILE FIXE
Le jour se lève sur la ville, comme à son habitude
J’ai froid aux mains et au cœur consumer d’amertume
Un goût d’alcool dans la bouche, un goût de sang dans la gorge
Un peu d’espoir dans le cœur mais une rage qui déborde
La neige recouvre le sol de son grand manteau blanc
Et cette poudre tombée du ciel fait le bonheur des enfants
Je me remémore mon enfance avec beaucoup de nostalgie
Dire que j’avais eu ma chance mais que l’ai laissée partir
Et voila aujourd’hui presque 50 ans plus tard
Sans famille, sans amis, je dors sur le trottoir
Sous le regard insouciant de tous ceux qui passent devant moi
Pas un mot, pas un sourire comme si je n’existais pas
Certains me dévisagent comme si je ne valais plus rien
A peine a assez d’argent pour m’offrir un bout de pain Chaque jour un peu plus je sens que la mort approche
Aujourd’hui c’est différent j’ai vraiment peur qu’elle m’accoste
Le soleil est haut dans le ciel mais je resterai seul
C’est les lèvres glacées que je reste allongé sur le sol
Mes vêtements sont inondés, mes cartons le sont aussi
J’ai vraiment peur de la mort, j’ai vraiment peur de mourir
Je me lève dans la douleur, je tiens à peine debout
La neige tombée d’un toit se glisse dans mon cou
En titubant et en tremblant j’atteins la poubelle la plus proche
Quand tu n’as plus rien dans ta vie, c’est un peu ton coffre fort
Mon sauveur s’y trouve : un fond de bouteille de sky
J’ai la gorge nouée mais l’alcool passe dans les failles
Un coup de fouet dans le corps, un coup d’arrêt pour la mort
Si tu viens me chercher, il faudra attendre encore
J’ai maintenant assez de force pour pouvoir me déplacer
Je vais rejoindre le squat ou mes semblables sont entassés
Mais arrivé sur place, il n’ay avais rien d’habituel
Parfois le sort est tragique, parfois ma vie est cruelle
« Notre père est mort. » « Notre père ? » répétais-je
« Oui, notre père à tous celui qui nous protège
La mort l’a emporté et tu sais nous sommes les prochains
Nous n’avions pas grand-chose, maintenant nous n’avons plus rien »
Plus un bruit plus un souffle, silence de cathédrale
Juste le vent qui s’engouffre qui fais vaciller nos âmes
Tout est fini plus rien a gagner tout à perdre
Maintenant je me dit « on est vraiment dans la merde »
Je décide de repartir de retourner d’où je viens
Dernier regards sur les miens, je le sers tous la main
Je sors de leur squat, fais le chemin en sens inverse
La neige de tout à l’heure s’est changée en averse
Je m’agenouille dans la neige sur mont petit territoire
Je n’ai plus la force de me battre, j’ai cédé au désespoir
Je joint les mains devant moi et prie une dernière fois
J’ai tout donné dans ma vie mais j’ai gardé ma foi
Je pense à lui très fort, Abbé Pierre écoute-moi
Ecoute ma prière s’il te plait écoute-la
Tout est finit pour moi, peut-être pour ma génération
Mais il y a des jeunes qui galère qui méritent ton attention
De là-haut tu nous voit par pitié guide-nous
Fais-le de là-haut car en bas on s’en fout
Pas le temps de finir, mon corps ne répond plus
Je m’écroule sur le béton, je reste là étendu
J’ai si j’ai froid que ma peau se glace
J’ai l’impression que mes os se cassent
Je pleure en silence, c’est incompréhensible
Malgré ce que j’ai vécu, je tenais tellement à la vie
Je repense à ceux qui m’aiment, à ceux qui me considère Comme un humain. J’aurais tellement aimé être père
Avoir un enfant qu qui veillé, et une femme à aimer
Les autres auront-ils du cœur ?
Est-ce que sur ma tombe certains viendront priés
Tout petit, plein de choses on te promet
Mais rappel-toi que seule la mort tiens sa promesse
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